- Il est dans le coma.
Cette phrase s'abbat sur moi comme un tas de pierres. Je sens la main de ma mére se poser sur mon bras, elle tremble, & quand je me retourne vers elle, je la vois trembler, comme jamais je ne l'avais vu dans cet état. Je mords ma lévre jusqu'à ce que je puisse sentir le goût métallique du sang. Mes yeux s'humidifient à leurs tours, & je serre ma mére dans mes bras. Elle voulait me protéger, elle ne voulait rien d'autre .. Je crois, en vérité, qu'elle ne se rendait pas compte de la souffrance de Bill, pour elle c'était normal. Les gens ont parfois une drôle d'idée sur la normalité des choses. Le médecin quitte la pièce, je l'entends au bruit de la porte qui se ferme. Les larmes de la personne qui m'a mise au monde m'innondent le cou.
Je me surprens à penser, à ce que serait l'enterrement de mon frère. Il y aurait de la musique, je crirais son nom, & pleurerait toutes les larmes de mon corps, jusqu'à ce que je tombe de fatigue. Il y aurait un prête, qui dirait combien il aura été aimé. Il parlera de lui comme si il l'avait toujours connu, comme si il était aimé de tous, pourtant, seul cinq personnes au monde l'aiment sincérement. Il parlera de lui comme un héro, de m'avoir soutenu dans la maladie, & peut être que le sujet dévira sur moi & le diabète. Il y aura peut être quelque uns de ses professeurs, quelques élèves, qui regretteront. Le monde pensera que c'est un suicide, alors qu'en faite, ca ne l'est pas. Peut être que ma mère pleurera, cachée sur son chapeau noir. Je sentirais probablement la main d'Andréas sur mon épaule, & j'entendrais ses sanglots silencieux. Le cercueil en bois se glisserait lentement dans le trou. Les gens ne le jugeront peut être pas assez important pour mettre la chanson compélte de 'Amazing Grace' & ils s'arrêteront après un couplet & un refrain. J'aurais sûrement l'envie soudaine de crier au monde entier que j'ai senti ses lèvres contre moi, qu'en vérité, Tom Kaulitz, est attiré par les hommes. Je crois qu'il y aura son nom écrit en petit dans le journal, juste une ligne. Bill Kaulitz, 1/09/1989 - ../06/2006. La verité dans tout ça, c'est que si il mourrait, je mourrais avec lui. & c'est ça qui ferait les grands titres.
Vous voulez savoir la verité ? Je n'ai jamais vraiment réfléchi à l'eventualité de la mort de Bill. Quand on était petits, pour moi, c'était mon super héros qui me soignait quand j'allais mal. Le super héros indestructible, comme Superman. Mais en faite Bill peut mourir. Tout le monde va mourir. Je n'imagine pas ma vie sans Bill. En faite, il n'y a pas de vie sans Bill. Il meurt, je meurs. Il n'y a pas grand-chose d'autre à ajouter.
Bill :
Le couloir disparaît, & je me retrouve seul dans le lycée. Il y a des lits d'hopital partout, mais personne pour contraster avec les draps blancs. J'avance, du moins j'essais, mais je reste bloqué. Tout le monde connaît cette impression,vous essayez de courir, mais aucun muscle ne réponds à votre demande, vous paniquez, vous avez peur, & plus vous stressez, moins vous arrivez à vous concentrer pour bouger.
Tom :
Je ferme la porte de la chambre derrière moi, & par instinct, ferme les volets & m'allonge sur le lit de Bill. Je n'aurais jamais cru, ce matin, en me levant, que je me coucherais seul le soir. Si j'avais su j'aurais profiter, je l'aurais embrasser toute la journée, lui aurait demandé de ne pas partir. En faite, je l'aurais supplié de ne pas mourir. La situation m'échappe, je ne contrôle plus rien. Vous savez, je contrôle ma maladie. Avec les médicaments, certe, mais je la contrôle. C'est important, on se sent plus fort. Là je ne contrôle pas mon frère, son coma, son c½ur. Je suis effrayé, autant être franc. Je pourrais vous dire 'Il va s'en sortir, j'en suis sûr', mais c'est faux. J'en sais rien, j'en sais rien du tout. Je plonge ma tête dans son oreiller. J'entends la porte s'ouvrir lentement, & pendant une demie-seconde j'espère de tout mon c½ur que c'est lui qui ouvrira la porte, pourtant, c'est la voix de ma mère qui résonne dans la pièce.
- Tom .. Il faudra être fort, si jamais, il mourrait ..
Cette phrase se plante en moi comme un couteau pourrait se planter dans ma poitrine. Si elle m'avait dit 'Tu verras, il vivra', j'aurais essayé de la croire, mais si il n'avait pas survécu, je lui en aurais voulu. Comment une mère peut-elle dire ça de son enfant ? Comment peut-elle perdre espoir & croire qu'il va mourir ? Est-ce qu'elle le croit vraiment ? La vérité est toujours dure à entendre. & parfois, encore plus dure à dire. Alors je décide de me mentir, de nous mentir.
- Il vivra maman.
L'un de nous aura tort. Il vivra, ou mourra, il n'y a pas d'autres options, ni de formule 'satisfait ou remboursé'. Le destin va choisir seul, nous n'aurons rien à dire, nous sourirons, ou nous pleurerons. Il y a une chose satisfaisante dans ce cas là. Nous savons ce qu'il risque d'arriver. C'est mieux que d'ignorer, vous pensez pas ? Le soupire de ma mère déchire le silence pour en recréer un autre.
- J'ai appelé ton pére.
- Ha.
- Ne parle pas comme Bill, silteplait ..
- Il vivra.
- Ton pére arrive demain Tom.
Je ne réponds pas. Il est de ces péres aimants & gentils, attentionnés, mais absents. Aucun parent n'est parfait, n'est ce pas ?
- Ne m'en veux pas chéri ..
- Tu ne l'as pas poussé dans la voiture. Tu n'as pas appuyé sur l'accélérateur. Tu aurais du l'aimer, c'est tout.
- Je l'aimais !
- Ne parle pas de lui comme si il était mort !
Je me reléve rapidement. Le noir cache les traits de nos visages, pourtant, je peux voir ses yeux briller.
- J'aime ton frère Tom ..
- Va-t-en .
- Tom ..
- Je t'ai dit de partir !
Pour la premiére fois depuis qu'il est dans le coma, je laisse les larmes couler à flot de longs de mes joues. Je laisse mes jambes fléchir & tombe à genoux sur le sol.
Je suis assez contente de ce chapitre, personnellement.
Vos avis ?
Beuzouuuuuuuux <3
Bridget.
Ma deuxième Fiction : Tranchant-Comme-L-Ame
