Bill : ' On y touchera jamais ! Promis ! ' & Voilà où j'en suis aujourd'hui.
C'est la promesse que je regretterais le plus de ne pas avoir tenue.
De ne pas m'être battut.
Bien sur,
Personne ne peut comprendre,
Personne ne doit comprendre.
Vous me diriez que je suis un monstre, un beau salaud, un connard, un enculé (& là je ne pourrais pas le nier), vous me diriez toutes les injures du mondes, & j'aurais beau essayer de m'expliquer, Je saurais que vous avez raison.
Je prends cette foutue seringue, les mains tremblantes, je peux sentir chaque battement de mon c½ur résonner en moi comme un métronome qui accélère malgré moi, je peux entendre mon souffle devenir de plus en plus saccadé, cet élastique serré au dessus de mon coude qui me laissera une trace rouge & qui gonfle mes veines, j'approche l'aiguille de plus en plus de mon bras, vise, & enfonce le métal dans ma chair, dans ma veine, & je verse le contenu en moi, en un geste désespéré.
C'est la première fois, La toute première fois, Mais la dernière aussi.
J'avais promis à mon frère que j'y toucherais jamais, qu'On y toucherais jamais, Promesse de jumeaux, & Pourtant, Je viens de foutre en l'air la seule sorte de promesse que je pensais ne jamais trahir.
Je viens de foutre en l'air mon Frère, Ma vie, Mon c½ur, & Tout ce qui pour moi avait un sens.
Moi, Bill Kaulitz (Si vous ne me connaissez pas, Normal, Je ne suis qu'un ado comme les autres qui vient d'un petit village), Je viens de me planter une aiguille dans le bras, & je continuerais à la Lame, Jusqu'à ce que mort s'en suive.
Je chuchote, '
Que la mort vienne me chercher puisque toute vie m'a abandonné' .
Flash Back :
A nous voir, Moi&Tom, on croirait que je suis le plus fragile, Qui est Tom ?
Mon frère jumeau, & L'être qui compte le plus pour moi dans toutes les vies, à travers la terre & le Ciel, à travers l'univers, Enfin, Vous voyez quoi .
Pourquoi on croirait que je suis faible & lui non ?
Par rapport à nos look, Je suis un peu efféminé, les cheveux bruns, les yeux habillés de noirs, les habits moulants, j'ai un regard ténébreux, & n'importe quel homophobe passant dans la même rue que moi ne peut que se retourner & me crier un 'Pédé !'
Mon frère, Lui, C'est baggy, tee shirts XXL, & une assurance dans les gestes & la parole, tellement que ça déstabiliserait n'importe quelle personne.
Je suis déjà sûr que vous pensez que je suis le plus faible.
Oui je suis faible.
Je me fais tapé par les homophobes du lycée, & je n'arrive pas à me défendre.
Mais quelque chose rends Tom encore plus faible, Sa maladie. & Là cris d'horreur, Non le beau gosse que toutes les filles rêveraient de se taper ne va pas mourir, Il a le Diabète, Il doit surveiller constamment son taux d'insuline après chaque effort physique, même le plus petit, & toutes les heures calculer son taux, & si besoin faire une injection d'insuline pour remonter son taux, d'insulines évidemment, Je fais ses piqures, & je surveille attentivement le moindre de ses gestes, surveillant la moindre fatigue suspecte .
Il est respecté de tout le monde lui, Je veille sur lui comme si ma vie en dépendait, puisque de toute façon ma vie en dépends, Si il n'existe pas, Alors moi non plus. Moi, Je me fais taper en sortant du lycée, me faisant prendre dans une rue sombre, rué de coups, jusqu'à c'qu'ils soient calmés, On peut dire que ma vie se résume à une chose, Mon frère.
Je me lève en soupirant, & fonce dans la salle de bain, je fais descendre mon caleçon le long de mes jambes, & m'en débarrasse, j'entre dans la douche, & allume l'eau chaude, je laisse l'eau se déverser sur mon corps mince, & sourit, comme si l'étreinte de l'eau pouvait se transformer en l'étreinte de quelqu'un.
Je me savonne rapidement, puis sort, nouant une serviette à ma taille, je me maquille, me coiffe, répétant ce rituel chaque matin, & sort de la pièce en serviette, m'engouffrant dans ma chambre, où plutôt notre chambre, Celle que je partage avec Tom.
J'attrape mes habits dans l'armoire & les enfile, sans gène devant mon jumeau qui a comme qui dirait la tête dans le cul.
Puis je finis par le laisser dans cette pièce, seul, avant nos matins se faisaient ensemble, il n'y avait que moi qui arrivait à le réveiller en douceur, aujourd'hui il y a moi, & plus loin il y a lui. Avant on dormait dans le même lit, aujourd'hui il y a moi, & plus loin il y a lui & ces filles.
Je descends en trombe à la cuisine & m'installe sur le plan de travail, prenant un des croissants de la corbeille, je mange lentement, comme pour retarder le supplice du lycée.
Le supplice des coups, des coups tellement fréquents.
Après avoir fini je remonte à l'étage, croisant Tom qui est prêt, & prends mon sac, & on sort de la maison ensembles, comme quand on était petits, & que je voulais absolument pas le laisser marcher seul jusqu'à l'école de peur que d'un coup son taux d'insuline ne chute. Sur le trottoir le silence s'installe.
Je lui demande timidement, - Tu as calculé ton taux ?
- Lâche moi tu veux ?
Il m'a répondu sèchement, comme toujours, ou du moins, comme toujours depuis quelques temps.
- T'as mangé .. ?
Je lui demande timidement, sachant parfaitement qu'il va s'énerver.
- Tu me lâche ok ? Je suis pas un gamin, d'un, Je sais calculer mon taux tout seul, & j'en ai rien à foutre de cette maladie, Je mange si je veux, quand je veux, comme je veux
- Je m'inquiète pour toi ! C'est normal, non ?
- Moi je ne m'inquiète pas pour toi ! Tu te fais taper, Ok ! C'est pas mon problème, t'as qu'à te défendre
- Tom ..
- Bill un conseil lâche moi.
Surpris ?
Moi non.
On continue la route en silence, Tout se fait en silence maintenant.
De toute façon je crois qu'aucune parole n'est utile, Je l'aime,Lui non, Il n'y a pas grand-chose d'autre à ajouter.
Peut être qu'un jour il changera, peut être qu'il redeviendra le grand frère qui m'aimait tant, & qui aimait que je m'occupe de lui.
Ca sonnerait presque faux, alors j'accélère le pas, mes pas résonnent dans les rues presque désertes de notre petit village, & j'avance de plus en plus vite, laissant derrière moi Tom, comme si en faisant ça, je pouvais laisser derrière moi les larmes, l'incompréhension, & .. la souffrance .., le soleil se cache, derrière les nuages noirs, quand on était petits, Tom me disait que le bonheur copiait sur le soleil, & que parfois il sa cachait derrière des gros nuages qu'on appelait malheur, & moi je l'ai toujours cru.
Après tout, Mon frère était malade, Lui pouvait dire qu'il souffrait d'être malade, Moi je ne pouvais rien dire, Je pouvais pas aller voir ma mère en pleurant & lui dire 'Jen ai marre' Elle m'aurait répété 100 fois la chance que j'ai d'être en pleine santé, & pas contraint par les traitements.
En gros, elle m'aurait fait culpabiliser.
Je crois que c'est précisément à ce moment là que j'ai appris à écouter d'abord la souffrance de Tom avant la mienne, & à l'aimer plus que ma propre vie .
J'entre dans le lycée,& court déjà aux casiers, vider un peu mon sac, préparer quelque seringues d'insulines dans mon sac, pour être sûr d'être opérationnel au cas où on m'appellerait.
Une main se pose sur mon épaule, je sursaute & me retourne, Andréas, je ne vous ai pas parlé de lui ? Bizarre .. c'est un ami, Non rectifications, Mon seul ami.
- Tu sais Bill, même si son taux baissait t'aurais le temps de venir chercher le nécessaire hein ..
- On ne sait jamais.
- Bill ..
- Ne me dis pas que je m'inquiète trop, Pas toi, Silteplait ..
Il hoche la tête, Je sais qu'il me comprends, il m'a toujours compris, même quand j'ai compris des choses pas très, avouables dirons-nous, & bien il était là, Il a été plus là que mon frère, mon frère jumeau.
& c'est le seul qui donne l'air de se rendre compte de ma souffrance.
Je referme mon sac, ferme le casier, & on part, je marche vite, & habitué il me suit, j'ai pris cette habitude, pour ne pas terminé seul dans un couloir, de peur que par hasard la bande me croise & que je me fasse tapé une fois de plus que prévu.
La sonnerie retentit, & on se dirige rapidement vers la salle de cours, une main se pose sur mes fesses, je sursaute & me retourne, Malcolm.
- T'aurais bien aimé plus hein Salope ? Tafiole va
Je laisse les mots glisser sur moi, Le summum de la souffrance ce serait que ce soit Tom qui prononce ça, & Comme ce n'est pas le cas, du moins pour l'instant, je laisse glisser, Je ne l'aime pas.
Alors ce qu'il pense de moi je m'en fiche, Du moins, maintenant je m'en fiche.
On entre en classe, on s'assoit côté à côté, moi & Andréas, il me glisse à l'oreille un 'Ne fais pas attention à lui' & j'hoche la tête, même si en faite, véritablement, au plus profonds de moi-même & de mes entrailles, j'ai beau faire l'indifférent, ca me blesse.
Peut être plus que n'importe quelle blessure physique. & j'écris le cours, je me concentre, j'essaie de comprendre, quand quelqu'un frappe à la porte, ce son qui a chaque fois me noue l'estomac.
- Bill, il faudrait que tu viennes ..
& la phrase que je redoute le plus vient de s'abattre sur moi aussi lourdement qu'un tas de pierres.
Je me lève tremblant, prends mon sac & suit la pionne, je me contient pour pas lui crier de courir en m'emmenant où est Tom, de ne pas crier pour savoir ce qu'il a. Ne pas paniquer. Ne surtout pas paniquer.
- C'est Tom .. ?
Elle hoche la tête.
Voilà, Là je peux paniquer.
- Qu'est ce qu'il a ?
- Son diabète ..
- Il est où ?
- A l'infirmerie ..
- Pourquoi l'infirmière ne lui fait pas la piqure ?
- Il refuse
- Hein ?!
- Il veut que tu la fasses.
Je me tais, Il n'a confiance en personne, à part en moi.
Même si je l'énerve, si je suis insupportable, Pour les piqures il a besoin de moi, Il les accepte que de moi, alors je rentre dans l'infirmerie, Tom est allongé sur le lit, affreusement rouge, Ne pas trembler, Je pourrais lui faire mal, alors je prépare l'injection, lui attache le bout d'élastique au dessus du coude, j'entends seulement sa respiration s'accélérer à la vue de l'aiguille qui se rapproche de ses veines, il n'y a aucun bruit dans la salle à part sa respiration.
& D'un geste précis, je fais pénétrer l'aiguille dans sa veine, je sens tous ses muscles se contracter, je le regarde une seconde dans les yeux, comme pour le rassurer, & j'injecte le produit en lui, je retire l'aiguille, & d'un coton d'alcool appuie sur le petit point rouge de sang au creux de son bras.
Je range tout, & sans un regard vers lui part avec mon sac sur le dos, pour regagner ma classe.
Aloooors ?
Mega Stress là. & Si ca plait pas ?
Au moins j'aurais essayer ^___^'
Beuzoux . <3
Bridget .